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Nous sommes déjà à la mi-juillet !! J’ai peine à y croire. J’essaie de toutes mes forces de retenir l’été, mais dame Nature ne se laisse pas posséder facilement. Elle est souveraine et elle fait bien ce qu’elle veut. De mon côté, je dois me rendre à l’évidence, le temps qui passe fait partie des mille et une choses sur lesquelles je n’ai aucun contrôle!

J’entame maintenant le 7e mois de ce qui devait être au départ une réorientation de carrière. Disons que je ne l’avais pas vu venir et qu’à ma grande surprise, cela semble davantage s’apparenter à un genre d’année sabbatique! (Voir mes 2 dernières chroniques pour une mise en contexte).

J’en suis venue à cette conclusion lorsqu’un ami m’expliqua brièvement l’origine du mot sabbatique. L’origine, en fait, viendrait d’une pratique religieuse ancestrale juive qui imposait aux agriculteurs de laisser leurs terres en jachère une année sur sept. Pourquoi? Eh bien, pour permettre à la terre de se reposer, de se renouveler et ainsi retrouver sa fertilité naturelle. En allant lire sur le sujet, j’ai également appris qu’afin de faciliter et permettre cette année de repos, ils allaient même jusqu’à annuler la dette des agriculteurs. Well, ce n’est malheureusement pas mon cas! Mais bon, pour chaque choix, il y a des conséquences et il semblerait que, pendant encore quelque temps, je devrai continuer à faire confiance à ma particulièrement très résiliente Yaris 2012 noire, Coucher de soleil, pour m’apporter du point A au point B. ( « Coucher de soleil », c’est le nom donné à la couleur rouille de mon véhicule; je me suis inspirée des palettes de Benjamin Moore.)

Il y a deux mouvements cruciaux qui font que nous sommes vivants, vous et moi : l’inspiration et l’expiration. Recevoir et donner. C’est la base, la base de tout. Il y a le temps de la semence et puis le temps de la récolte. Deux mouvements tout aussi importants l’un que l’autre. Deux mouvements vitaux pour un équilibre parfait, un équilibre sain. On ne peut partager quoi que ce soit à partir d’une coupe qui est vide! Une image qui vaut mille mots et qui vient corroborer l’importance de la présence de chacun de ces deux mouvements dans notre vie.

Lorsque je me retrouve dans un rassemblement quelconque, une question revient sans cesse : « Puis, Véro, t’es-tu trouvé un travail? » Bien sûr, l’intention n’est pas mauvaise. Je dirais même que je comprends la légitimité de cette question.

Je ne suis pas née de la dernière pluie, je sais très bien que le travail est un pilier majeur sur lequel on s’appuie en termes de valorisation/validation personnelle et surtout sociale depuis maintenant belle lurette. Je peux donc comprendre le malaise que je perçois dans le regard des individus lorsqu’ils sont face à une personne qui s’affiche avec un statut professionnel : « En pause »!

Je suis la première à penser que tous et chacun avons quelque chose d’unique à apporter à la société. Mais je suis également capable de reconnaître qu’il y a un temps pour chaque chose.

Je crois que nous pouvons dire, et ce, sans la moindre hésitation, que nous sommes dans un monde qui prône, valorise et glorifie le « Doer »! Nous vivons au sein d’un modèle qui s’essouffle à force de toujours expirer! Autrement dit, nous sommes beaucoup plus dans le faire que dans l’être. À mon humble avis, c’est l’une des plus grandes sources de déséquilibre dans notre société.

Quoiqu’il en soit, parmi toutes les sorties de zone de confort que j’ai traversées dans ma vie, celle-ci s’avère, et de loin, la moins valorisante socialement parlant, d’entre toutes. Advienne que pourra! Au diable le besoin de validation! Je vais continuer à m’inspirer de dame Nature et je vais oser permettre un temps de repos à ma terre, je peux dire que je sens déjà une certaine régénération et que j’ai espoir en un rendement futur grandement amélioré!

Parfois, je me dis que nous sommes un peu à l’image d’un instrument de musique. Nous pouvons créer et produire des mélodies pendant des mois durant. Mais lorsque nous sommes face à une accumulation de fausses notes, peut-être devrions-nous voir cela comme un « red flag ». Un signe qu’il est temps de faire une pause, de prendre la mesure et de s’assurer que notre vie, notre musique, soit encore bien en accord avec nos valeurs, avec qui nous sommes profondément. Une courte pause peut être suffisante, juste le temps de prendre une bonne inspiration.

Libre arbitre oblige, nous pouvons aussi choisir l’entêtement et ne jamais nous arrêter. Expirer à l’infini et nous essouffler!

Mais tôt ou tard, nous prendrons conscience qu’il est difficile de vivre et de se sentir en harmonie dans le monde, avec un instrument que nous n’avons jamais pris le temps d’accorder!

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